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1- Histoire de Frohmuhl dans le comté de la Petite Pierre

La première mention du village de Frohmuhl apparaît dans un écrit de 1299 concernant la vente de droits de redevances et de rentes sur les villages de Fronemülin et Dietbach, par Hugues Comte de la Petite Pierre au profit de Mechthide, veuve du Sire Steinlin de Windstein, ceci pour la somme de huit livres argent de SarburgArchives du Bas-Rhin, E 143-(1).
Il est probable qu'il y ait eu, auparavant, à la jonction du Donnenbach et du Spiegelbach, quelques établissements humains dispersés autour d'un moulin, comme à Tieffenbach, où est attesté en 718, la donation du village de Theotbach (village situé à l'endroit où le Kupferbach se joint à l'Eichel) par le noble Chrodoin, fondateur d'Actulfovillare à l'emplacement d'une ancienne fondation qui donne le village à l'abbaye de WissembourgVoir le site de Tieffenbach:http://www.tieffenbach.fr/Histoire.php.
À partir du 12ème siècle, l'histoire et le développement du village de Frohmuhl sont liés à ceux du comté de La Petite Pierre. Les comtes de Lunéville, alliés vraisemblablement à la famille des comtes d'Eguisheim-Dabo, sont à l'origine de la fondation du château de La Petite PierreErnest Lehr, Notice historique et généalogique sur les Comtes de la Petite Pierre. Il existait déjà un vieux château sur l'Altenberg qui n'était utilisé que pour les périodes de chasse ou d'inspection. Au début du 13ème siècle, un nouveau château fût construit par les comtes Hugues I et son fils Hugues II de Lunéville ; Ce dernier y séjourna alors plus souvent. À partir de ce moment, les comtes de Lunéville se font appeler Comtes de Lützelstein (De Parva Petra).
En 1299, règne le comte Hugues III de Lützelstein, celui-là même qui vend les droits de redevances et de rentes afférents aux villages de Dietbach et Fronemülin.
En 1315, le successeur de Hugues III, Nikolaus de Lützelstein, d'humeur assez belliqueuse, s'engage, aux cotés des Sieurs de Fleckenstein et d'autres nobles, dans une guerre contre la ville de Strasbourg. Les Strasbourgeois envahissent alors le comté de La Petite Pierre, en passant par la vallée de la Moder ; brûlant au passage Wingen, Speckweiler, Buchberg (Puberg), Hinsberg (Hinsbourg),Haselau (Haslach dans la vallée du Donnenbach) et le faubourg de La Petite PierreUrkunden Buch der stadt Strasbourg II, n°342-343. Des cinq villages détruits, seuls Wingen et Hinsbourg furent reconstruits à leurs emplacementsFritz Eyer, Société d'histoire et d'Archéologie de Saverne, Cahier 99/100, 1977. Les habitants de Buchberg et ceux de Speckweiler reconstruisent leur village à un nouvel emplacement à l'origine de l'actuel Puberg. Le village de Haslach semble avoir encore existé car son nom figure dans une charte de 1382.H.W.Hermann, Regesten der Grafen von Saarwerden, n° 520
À la suite des comtes Volmar et Henri de Lützelstein,on peut noter le comte Burckard, chanoine à Strasbourg, qui brigua sans succès le titre d'évêque de Strasbourg ; mais finit par se marier avec une dispense du pape à Agathe de Hohenfels en 1412. Les dalles funéraires de Burckard et de sa femme sont visibles à l'entrée de l'église de La Petite Pierre.
Les descendants de Burckard, Jacques et Guillaume guerroient en permanence contre les comtes de Nassau et de Linange, de Deux-Ponts-Bitche, l'électeur palatin, Frédéric Ier. Ils livrent des batailles de territoire, mais aussi participent à des actes de brigandage qui commencent à agacer les puissantes familles de la région. En 1451 , les Lützelstein s'allient aux Lichtenberg et gagnent la bataille de Reichhoffen.Voir le livre de Charles Serfass, La Petite Pierre, l'ancienne seigneurie, 2013 Mais en 1452, l'armée de Frédérique Ier dit Le Victorieux, assiège la ville de La Petite Pierre et finit par occuper le château ; Frédéric Ier le restaure et les derniers comtes de la Petite Pierre sont déchus de leur fief. C'est la fin des comtes de Lunéville. Ensuite le comté de La Petite Pierre restera en possession de la maison palatine jusqu'à la Révolution de 1789.
Au 16ème siècle, c'est la lignée des Veldenz qui va s'établir à La Petite Pierre. Le comte Georges-Jean de Veldenz (1543-1592), le plus connu d'entre eux, agrandit le château et développe l'exploitation forestière et minière ; c'est aussi à cette époque que les verreries vont se développer dans le comté. La petite cité de La Petite Pierre devient un important centre commercial et administratif. Georges-Jean de Veldenz est apprécié par ses sujets ; on l'appelle alors Jerri-Hans. La Réforme est introduite dans le comté vers 1560.
Des pasteurs protestants sont présents de 1570 à 1640Voir la liste des pasteurs établie par Mr Klein Ernest, d'après les données de G. Hein, CD 1, disponible à la mairie de Tieffenbach. Le pasteur Johan Gress quitte la paroisse de Tieffenbach en 1640 pour cause de misère.
En effet à la période de prospérité du début du 17ème siècle succède une période troublée marquée par la guerre de Trente ans (1618-1648) et la peste de 1675. Comme à Lohr, qui était vidé de ses habitants, on peut supposer que Frohmuhl, Puberg et Hinsbourg étaient à cette époque presque à l'abandon. Ensuite, les villages vont être repeuplés par d'anciens habitants mais aussi par de nombreux étrangers allemands et suisses en majorité de religion luthérienne.
En 1681, le comté de La Petite Pierre est annexé par le roi de France, Louis XIV. Il installe à La Petite Pierre, une nouvelle dynastie, les ducs palatins de Birkenfeld-Bischwiller, dont le premier en titre est Christian Ier de Birkenfeld qui était, pendant la guerre de Trente ans, allié aux suédois et aux français. Cette dynastie règnera jusqu'à la Révolution (1694-1795). Sous la gouvernance de Christian IV de Birkenfeld (1735-1775), se développe des activités minières dans le comté de La Petite Pierre. Une fonderie fonctionne à Frohmuhl vers 1730.
En 1685, Louis XIV fait révoquer l'édit de Nantes ; les pasteurs sont expulsés et les protestants doivent se soumettre à la religion catholique. Mais, à partir du début du 18ème siècle la présence protestante est plus marquée; À Tieffenbach, il y a alors une majorité de familles protestantes (de 1730 jusqu'à nos jours les pasteurs protestants se succèderont). En revanche à Frohmuhl, les familles sont presque toutes catholiques et sont dépendantes de l'église catholique de TieffenbachArchives du Bas-Rhin, E315,2, Population – Tableaux statistiques de la population du baillage de la Petite Pierre (1772-1787). L'installation des forges ramène quelques familles catholiques à Tieffenbach. En 1738, l'église de Tieffenbach est déclarée "simultanée" par les autorités françaises.
Charles II de Birkenfeld-Zweibrücken (1775-1793) est le dernier seigneur de La Petite Pierre. Après la Révolution, le comté de La Petite Pierre est soumis aux diverses autorités françaises du XIXème et XXème siècle sauf pour les périodes 1871-1917 et 1939-1945.

À l'époque des comtes de Lützelstein, le comté de La Petite Pierre est divisé en sept prévôtés (Dinghöfe) ; Un prévôt (Schultheiss) est à la tête de chacune de ces prévôtés. On distingue les prévôtés de :

  • Weinberg, une partie
  • Lohr, paroisse (Pfarrdorf) avec les villages de Petersbach, Frohmuhl, Dieffenbach, paroisse,Hinsberg, et Puberg, une partie.
  • Hambach, paroisse, avec les villages de Volkburg, Weisslingen (anciennement Bussweiler)
  • Bettwiller, avec les villages de Durstel, Adamswiller et Gungwiller
  • Behrlingen, avec les villages de Pfalzweyer, Wesschen, Graufthal, Schönbourg et Eschbourg
  • Hangwiller avec les villages de Wintersberg, paroisse
  • Zillingen, une partie
La répartition des villages dans les prévôtés sera remaniée plusieurs fois ; À la veille de la Révolution (1770-1787), il n'y a plus que six prévôtésIdem le détail des villages concernés est encore à déchiffrer !. Par exemple en 1784 :
  • Lohr , avec les villages de Petersbach, Struth et Schönbourg
  • Puberg, avec les villages de Hinsberg, Tieffenbach et Frohmuhl
  • Hambach
  • Bettwiller,
  • Behrlingen,
  • Zillingen,

Traduction proposée pour le document de la vente d'une rente de huit livres par Hugues, comte de Lützelstein à Mechthilde de Winstein sur des rentes ou redevances à Dietbach et FronemülinArchives du Bas-Rhin, E 143,1.Cette traduction semi-littérale a été réalisée grâce à l'aide du Professeur Bischoff, de l'Université de Strasbourg.


Soit annoncé à toutes personnes qui verront ou liront cette lettre que moi Hugues fils de feu comte de Lützelstein avec la volonté de mes héritiers Nikolaus et Philippus et autres héritiers que peut être vendu à la dame Mechthilde veuve du sire Steilin de Windstein, pour huit livres d'argent de Sarburg, les droits sur les rentes que j'avais ainsi que mes héritiers, à Dietbach et Fronemülin ; Ceci avec un versement , deux fois par an, à Pâques et en automne, de quarante marks d'argent de Sarburg, qu'elle m'assure de payer. Je certifie aussi que ces huit livres d'argent confèrent à la suscitée Mechthilde et ses héritiers, fils ou filles, un droit définitif (bail emphytéotique ?) ; Sil y avait quelqu'un qui , par erreur , prétendrait avoir un droit sur ce même objet, avec les droits et devoirs afférents, je me démets en toute vérité de toute procédure, que ce soit à l'amiable ou financièrement, ou tout ce qui peut s’ensuivre de droit à propos de cette vente ; aussi bien des dommages infligés à la femme susdite qu'à ses héritiers. Pour que ceci reste certifié, j'ai prié sire Hugues, mon parent de Winsstingen (Fénétrange) qu'il appose son sceau auprès de mon sceau sur cette lettre. Moi, Hugues de Winsstingen, à la requête de Hugues, mon parent de Lützelstein, je suspends à cette lettre mon sceau au sien, pour certifier ce titre. Cette vente a eu lieu le dixième jour après la Saint-Rémi en mille deux cent quatre vingt dix neuf.


parchemin de 1299
Ce document daté de 1299 est un très beau parchemin entouré d'une gaine de tissu vert ; Au recto sont visibles les deux sceaux d'Hugues de Lützelstein et d'Hugues de Fénétrange avec la mention en latin Litera comites d.. Lützelstein super quibusdam bonis domine Mechthilde relecte Steinlin domine militis.



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