BanniereFrohmuhl Pays de LPP

2-Haslach et sa légende

Sur la carte de Daniel Speckel de 1576,Carte de Daniel Specklin, BNF, Gallica Hasbach est indiqué entre Lützelstein (La Petite Pierre) et Hinspurg (Hinsbourg), au milieu d'un pays montagneux, au bord d'un ruisseau qui se jette, près de là dans un étang. Daniel Speckel ou Specklin parcourt l'Alsace à pied ou à cheval pour établir la première carte détaillée de l'Alsace. Il est connu aussi pour ses travaux de fortifications des châteaux. En 1580, Philippe IV de Hanau-Lichtenberg fait appel à lui pour transformer le château de Lichtenberg en forteresse. Sur cette carte de Speckel, est indiqué le lieu-dit Hasbach, avec la figuration d'une église ou d'une chapelle marquée par une croix.
Un siècle plus tard, sur la carte de Jean Janssonius d'Amsterdam,Carte de Jean Janssonius d'Amsterdam, BNF, Gallica la localité de Hasbach est toujours mentionnée en amont d'un étang (le Haslachweiher).
Le Spiegelbach qui vient du côté de Volksberg et le Donnenbach qui vient du côté de La Petite Pierre s'unissent à Frohmuhl pour former L'Eichel. Un peu plus bas à Tieffenbach, le Kuppersbach qui a sa source au sud de Petersbach se jette aussi dans l'Eichel. Ainsi l'Eichel prend sa source sur le versant ouest du massif des Vosges, près de La Petite Pierre, sous le nom de Donnenbach. Celui-ci reçoit les eaux de l'étang du Haslachweiher (qui était l'étang de pêche seigneurial des comtes de La Petite Pierre. Il traverse ensuite le Donnenbacherweiher.
Sur la carte de Cassini du 18ème siècleCarte de Cassini 18e s, IGN 2012-www.geoportail.gouv.fr/mentions-legales, les deux étangs du Haslachweiher et du Donnenbacherweiher sont bien visibles, ainsi que les deux étangs entourant Frohmuhl ; c'est aussi la première fois que les noms des villages de Frohmuhl et Dieffenbach sont indiqués sur les cartes. Le lieu-dit Haslach n'est plus mentionné. Sur la carte de Janssonius, sont dessinés quelques habitations pouvant correspondre à Frohmuhl et Tieffenbach.
Il a donc bien existé un village au lieu-dit Haslach (ou Hasbach ou Haselau) au Moyen-Âge qui a été plusieurs fois ravagé lors des nombreux affrontements entre les seigneurs de la région, comme en 1315, où les seigneurs de Fleckenstein, de Nassau et de Lützelstein sont en guerre contre la ville de Strasbourg. On peut supposer que les exactions commises pendant la guerre de Trente ans ont fini par détruire complètement cette localité.
En ce qui concerne la présence d'un couvent (Klosterle) dans la vallée du Donnenbach au lieu-dit Haslach, les avis des historiens divergent : dans un article sur les villages disparus de la Société d'histoire et d'archéologie de SaverneVillages disparus, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne, 1962, n°37-39, p, 47-48 on peut lire ceci : "on pourrait donc essayer de situer dans ces lieux un petit établissement de marcaires-bûcherons, groupés près d'une chapelle, établissement appartenant à une abbaye qui y tenait un ou plusieurs religieux pour aider à la culture et avoir soin des hommes ; A un moment donné, il n'y avait peut-être plus qu'un ermitage " et " M.L.CH.Will suggère de rapprocher et de confondre Haslach (Kloster) et Villar, l'ancien Actufovillare, d'une charte de l'abbaye de WissembourgVillages disparus, Société d'histoire et d'archéologie de Saverne, 1962, n° 37-39, p, 47-48"
Ainsi, d'une vallée à l'autre, on ne peut pas préciser exactement l'emplacement de ce "Klosterle". À cette époque, les moines devaient souvent se déplacer d'un lieu à l'autre, et les installations monastiques comme Graufthal commencent à décliner vers le 13-14ème siècle.
Dans la légende rapportée par l'instituteur König de Frohmuhl, en 1908, dans "Hundert Sagen und Geschichten aus Elsass -Lothringen zur heimatkundlichen Belehrung für Schule und Haus", Il est question de moines appelés par une petite cloche d'argent , que le monastère fût détruit lors de la guerre de Trente ans ; Il n'est jamais fait mention , ni dans cette légende ni dans aucun autre texte de la présence de religieuses( Nonnen) dans ce lieu ; ce qui tend à infirmer la version de l'origine du nom de Frohmuhl en "Frauenmühle" (moulin des dames). L'autre version de l'origine du nom de Frohmuhl "Fronemülin" déjà attestée en 1299 est plus vraisemblable, Fronemülin devenant Frohnemühle (moulin seigneurial asujetti à l'impôt), puis Frohemühle et enfin Frohmuhl.
Dans un document de 1536, Das Lützelsteiner Saalbuch, répertorié par Gerhard Hein, il est mentionné que les moulins doivent des redevances soit aux religieux, "die Ander Mül zinnst dem Heiligen", soit aux seigneurs.
La confusion entre les deux versions de l'origine du nom de Frohmuhl, Frauenmühle et Frohnemühle pourrait être rapportée à la mention faite dans le document de 1299, où la "Fro Mechthilde de Windstein" achète le droit aux redevances et rentes des villages des villages de Diepach et Fronemülin ; les assujettis devant payer leurs redevances à une "Fro "(Frau).

Carte de Daniel Speckel 1576,BNF

Carte de Daniel Speckel 1576,BNF
Carte de Jean Janssonius d’Amsterdam vers 1650 BNF
Carte de Jean Janssonius d’Amsterdam vers 1650 BNF
Carte de Cassini 18ème siècle
Carte de Cassini 18ème siècle

La cloche d'argent du Haslachtal (traduction)


traduction cloche d'argent
1. De la petite cloche dans la fontaine. Derrière le moulin du Donnenbach ; s'étend une petite prairie le Haslachtal. Autrefois, se trouvait là un monastère du nom d'Haslach. La petite cloche qui appelait les moines à la prière, était en argent pur. Pendant la guerre de trente ans , le monastère fut détruit. Les moines avaient caché la cloche d'argent dans la fontaine du monastère, pour éviter qu'elle ne soit dérobée. Depuis lors, quelquefois, par temps calme, les gens qui travaillaient dans les champs entendaient sonner la petite cloche.
2. Pourquoi la cloche ne put pas être sortie de la fontaine. Un homme de Frohmuhl rêva trois fois de suite de la petite cloche de la fontaine de Haslach. Le troisième jour, il s'y rendit pour aller la chercher. Comme il arrivait près de la fontaine, elle sonna merveilleusement. Mais alors, une voix se fit entendre : "Celui qui veut posséder la cloche, devra y laisser sa vie " Sa vie lui était plus précieuse que la petite cloche ; il rentra plutôt chez lui. Depuis lors, la cloche ne sonna plus. De nos jours, la fontaine coule toujours et s'appelle la fontaine du Haslach.

De l'instituteur König de Frohmuhl

Monsieur König était l'instituteur de Frohmuhl de 1895 à 1912. Cette légende est issue d'un livre sur les légendes et histoires d'Alsace-Lorraine, pour l'instruction scolaire et familiale, édité en 1908Hundert sagen und Geschichte aus Elsass-Lothringen zur heimakundlichen Belehrung für Schule und Haus. Bull. 1908. Une copie de ce document m'a été gracieusement fournie par Mr Wilbert de Kekastel. Il n'a pas été possible de trouver l'original dans les bibliothèques. Avis aux collectionneurs !.

Une autre version plus tragique de cette légende rapporte que celui qui entendra sonner la cloche au fond de la vallée du Donnenbach devra mourir dans l'année. On rapporte aussi que la cloche sonne encore à Haslach seulement le soir du vingt quatre décembre. Il faudrait y aller voir et écouter ...



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